Des cosmogonies et mythologies anciennes jusqu’aux approches culturelles contemporaines, l’eau occupe une place centrale dans l’imaginaire de l’humanité. Elle incarne une dualité radicale, en étant, à la fois, une métaphore de la vie et vecteur de chaos (Glasgow, 2009), souvent matérialisée par l’image du déluge, symbole tout autant de destruction que de régénération (Eliade, 1949). Rivières, mers et océans peuvent ainsi être perçus tantôt comme des voies de communication reliant les territoires et les peuples, tantôt comme des frontières séparant régions, nations et continents, mais aussi comme des cimetières humains, lieux de mémoires empêchées.
De tout cela, les arts et la littérature se font l’écho : on peut ainsi penser à la littérature orale ou écrite (mythes et légendes), au réalisme social espagnol des années 1950, aux récits de l’esclavage et de la traversée de l’Atlantique, à la fiction climatique (cli-fi) qui, à partir des années 2000, « interroge la responsabilité de l’écrivain » (Clavaron, 2023 : 183), au roman dystopique qui explore le motif des cités englouties ou encore à des œuvres littéraires ou visuelles évoquant les conflits autour de l’eau. L’eau peut même devenir un musée à part entière, comme c’est le cas avec le Museo Atlántico de Lanzarote, espace aquatique accessible uniquement aux plongeurs (avec des visites adaptées à tous les niveaux). Cette liste, bien loin d’être exhaustive, témoigne de la diversité et du dynamisme des représentations artistiques et littéraires autour de la question de l’eau, que ce colloque propose d’explorer.