Programme scientifique 2024-2028
« Individu et collectivité »
Structurée en trois axes interdisciplinaires couvrant le champ politique, le champ littéraire et artistique et le champ sociétal), l’unité a développé depuis sa création une expertise reconnue dans les questions de transmission, de diversité culturelle et sociale, de genre et de minorités, d’écologie sensible. Ses recherches sont donc en phase avec les orientations actuelles de l’UT, de la Région, de la MSH Val de Loire, pour notamment les questions de développement durable, de diversité et d’inclusion.
Le nouveau questionnement 2024-28 « Individu et collectivité » a été choisi car il englobe et dépasse les précédents questionnements sur « L’Autorité » et la/les « Liberté(s) »).
Qu’entendons-nous par « Individu » ? Le philosophe français Gilbert Simondon, dans sa thèse de doctorat L'Individu et sa genèse physico-biologique (1964), s’interroge sur ce qu’est un individu. Selon lui, il n'y a pas d'individu achevé possible, ni d'individualité, ni même d'individualisation. L’individu est un être vivant, mais aussi physique ou technique, un organisme en constante individuation ; l’individuation est l’essence de l’être. Également, l’individu est un organisme parmi d’autres au sein d’une communauté du vivant. Simultanément, implicitement, il y a donc un nouveau rapport au collectif, à la relation collective. Cette approche a profondément renouvelé les humanités, et ce nouveau prisme enrichira nos travaux dans les domaines politiques, esthétiques, et sociétaux.
Les travaux de notre axe 1 (« Inscription de l’individu et/ou du collectif dans l’espace politique et social ») s’intéresseront à l’inscription de l’individu dans l’action collective au cours de l’histoire, à sa participation à l’espace public à travers notamment de luttes individuelles ou collectives pour des droits humains et des libertés, dans les domaines philosophiques, politiques, religieux, sociaux. Il semble pertinent d’étudier comment ce processus d’individuation s’effectue au sein d’une collectivité éducative, sociale, religieuse, politique.
Par exemple, les membres d’ICD engagés dans des recherches sur la question de l’autonomie politique s’intéresseront aux mouvements, doctrines et discours en Europe sur l’émancipation, la mise en cause de l'État, des institutions sociales existantes, du régime représentatif, de l’ordre social, et à leurs réponses et réflexions. Celles sur les organismes de foncier solidaire montreront que la philosophie du logement résulte d’intérêts individuels et institutionnels divergents. De même, le sujet de la liberté religieuse en Europe occidentale soulève des questions touchant la liberté de conscience, la neutralité de l’Etat, l’égalité des groupes religieux.
Les travaux de l’axe 2 ( « Circulations des savoirs et pratiques littéraires, culturelles et artistiques ») exploreront comment les pratiques individuelles s’affirment par rapport aux traditions littéraires, artistiques, scientifiques, au sein d’espaces collectifs transnationaux. On étudiera l’individuation à travers l’activité littéraire, artistique, scientifique, et implicitement, ses rapports avec le collectif et les modèles auxquels il faut se conformer.
Par exemple, les chercheurs d’ICD spécialisés dans les écritures de soi du XVIIIe siècle s’intéresseront aux nouvelles procédures discursives mises en place pour justifier une prise de parole, non plus en fonction de groupes sociaux prédéfinis, mais d’une identité à construire et par rapport à une collectivité en pleine mutation. Les membres engagés dans des travaux sur la pensée féminine à la première modernité exploreront la résistance conceptuelle à l’ordre normatif au niveau social et pédagogique, analyseront les logiques de l’exclusion et de la marginalité (des individus, femmes et hommes) et les formes de résistance et de contre-culture. Dans le domaine de la musique, certains travaux porteront sur les façons dont les artistes musiciens développent une activité créatrice conditionnée, entre autres facteurs, par l’enseignement historique qu’ils ont reçu et les modèles – individuels comme collectifs – qui leur ont été présentés.
Enfin les travaux de l’axe 3 ( « Vulnérabilités et agentivités ») interrogent les vulnérabilités individuelles et collectives ainsi que les capacités de résistance, de création et d’autoreprésentation qui permettent d’y faire face, d’en transformer les conditions ou de les dépasser.
Les recherches au sein de cet axe concernent ainsi les individus et les groupes minorisés, marginalisés ou insuffisamment représentés dans les institutions, les œuvres et les récits dominants. Il s’agit d’analyser les processus de visibilisation et d’invisibilisation, mais aussi les pratiques par lesquelles ils s’affirment comme sujets de parole, de création et de savoir.
En ce sens, le genre, la classe et la race constituent des perspectives transversales d’analyse des rapports sociaux, esthétiques et institutionnels, ainsi que des processus psychosociaux de (dé)construction des subjectivités. Il éclaire la manière dont les identités sont assignées ou surveillées, mais aussi contestées et reconfigurées.
Dans une perspective postcoloniale et décoloniale, les œuvres et les institutions sont envisagées comme des lieux où se négocient la mémoire, la transmission des savoirs et la définition des sujets individuels et collectifs. L’attention porte à la fois sur les mécanismes de domination et d’exclusion qui produisent ou renforcent leur vulnérabilité et sur les pratiques de réappropriation, les contre-récits et les formes de création susceptibles de les contester et de les dépasser.
Enfin, face au changement climatique et à la vulnérabilité du vivant, l’axe examine les relations entre humains et environnements, ainsi que les responsabilités individuelles et collectives qui en découlent. Il explore les ressources des œuvres et des imaginaires pour dépasser l’anthropocentrisme et penser d’autres formes de coexistence, dans une perspective décentrée et écocentrée.
Dans le cadre de notre participation au projet d’établissement 2024-2028 et du programme de recherche de la MSH Val de Loire 2024-2028, nous pourrons enrichir nos travaux en réfléchissant à des collaborations transversales et interdisciplinaires avec des unités de recherche tourangelles et régionales, travaillant sur les pratiques et matérialités de la production culturelle, la ville, les dynamiques spatiales et territoriales des sociétés, les organisations et leurs gouvernances, les représentations, transmissions, transformations, et les dynamiques créatives et critiques pour ne citer qu’elles. Au niveau national et international, nous poursuivrons nos activités à l’intérieur des GIS IdA, Eire, Genre, nos partenariats existants, et travaillerons à établir des collaborations avec des universités de l’alliance européenne Neolaia pour un projet centré autour des rapports entre littérature et histoire, littérature et mémoire, récits de vie et construction des identités individuelles et collectives. Cette thématique s’inscrit pleinement dans notre propre programme « Individu et Collectivité » et plus particulièrement dans ses axes 2 et 3. Des synergies transversales sont envisagées aussi, ultérieurement , avec d’autres unités de recherche de Tours également impliquées dans Neolaia.
Bibliographie générale
Bibliographie
Programmes financés en cours
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ANR PsalteRATIO (AAPG2022), coord. Vladimir Agrigoroaei, resp. Tours-ICD Ileana Sasu: Étude comparative des traductions vernaculaires des psautiers en vers en France et en Angleterre – 2023-2026
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ANR JCJC TRUST_ISSUES (AAPG2023), coord. Marc Goetzmann (ICD): «Des Community Land Trusts aux Organismes de Foncier Solidaire. Étude d’un “transfert” juridique» – 2024-2027
Archives
Programme "Libertés" (2018-2023)Bibliographie "Libertés" (2018-2023)