Nature et genre féminin dans la culture romaine : interprétations antiques et reprises modernes
Organisation :
Dans le cadre des recherches menées depuis 2019 par le
réseau franco-italien ERA (
Ecologia Roma Antica, coordination Tours/Florence), qui publie sa série de travaux chez Ausonius Éditions (Bordeaux-CNRS), est organisé un 5e colloque international qui porte sur le thème
Nature et genre féminin, au croisement de plusieurs champs disciplinaires en Sciences de l’Antiquité : études littéraires (incluant la mythopoétique), histoire des religions anciennes, archéologie et histoire de l’art, philosophie ancienne, histoire du droit, histoire de la médecine. À l’heure où s’impose dans la réflexion écologique le symbolisme de Gaïa (Lovelock et Margulis, Stengers, Latour) et où l’écoféminisme revendique sinon le care, du moins la réhabilitation d’une affinité profonde entre femme et nature, on analysera les témoignages des auteurs anciens et de la tradition classique (recouverte par les notions mécanistes du progrès moderne, mais remise en lumière notamment par des travaux fondateurs comme ceux de Paolo Fedeli,
La natura violata, et de Pierre Hadot,
Le voile d’Isis) sur la conception et représentation de la nature comme être-femme: puissance de génération et de croissance (voir le sens étymologique de
physis en grec et de
natura en latin), capacité productrice conçue comme enfantement, protection et générosité maternelles, contenance universelle, être vivant et âme du monde.
L’intérêt sera double, pour les sciences de l’Antiquité et pour les études contemporaines (
gender studies et écocritique) ainsi mises ainsi en dialogue: renouveler d’une part l’approche de textes anciens à la lumière de questionnements contemporains, examiner d’autre part de manière critique les fondements culturels de représentations actuelles empruntées au domaine antique (cf. Zajko & Leonard 2008), en précisant voire corrigeant la vision contemporaine des idées anciennes (cf. Merchant 1980, qui qualifie d’imagerie “vitaliste” la représentation antique de la nature).
Le réseau franco-italien ERA compte 23 membres en 2026. En Italie : Gaetano Arena (U. de Catane); Orietta Dora Cordovana (U. de Calabre); Giorgio Galletti, Ida Gilda Mastrorosa, Paolo Nanni et Francesco Salvestrini (U. de Florence); Silvia Giorcelli Bersani et Luciana Repici (U. de Turin); Umberto Roberto (U. de Naples Federico II). En France : Aline Canellis (U. Jean Monnet Saint-Étienne); Jean-Christophe Courtil (U. de Toulouse Jean-Jaurès); Audrey Ferlut (Lycée du Parc, Lyon); Fabrice Galtier (U. de Clermont Auvergne); Susanna Gambino Longo (U. de Lyon 3); Philippe Le Doze (U. de Rennes-II); Laurence Moulinier-Brogi (U. Paris Nanterre); Giampiero Scafoglio (U. de Nice-Côte d’Azur); Jean Trinquier (ENS Paris); Élisabeth Gavoille, Marine Miquel et Massimo Scandola (U. de Tours). Et en Belgique: Marco Cavalieri (U. catholique de Louvain).
Série ERA chez Ausonius Éditions (coll. Scripta Receptoria): trois volumes déjà parus (
Enjeux environnementaux et souci de la nature, 2023;
La villa et ses ressources naturelles, 2024;
Nature et société, de la Rome ancienne à la première modernité: représentations, savoirs, hantises, 2025), et un 4e en cours de publication (
Les eaux: représentations, usages et savoirs, à paraître en 2027).