Les grands génocides du siècle dernier et les revendications de justice qui les ont suivis ont provoqué un tournant mémoriel des sciences humaines et sociales. À la différence de plusieurs autres types de discours qui cherchent à faire perdurer la mémoire de la violence extrême, la littérature s’attache à mettre en lumière des expériences et des perceptions incarnées et partielles, qui ne prétendent pas avoir une valeur totalisante. Le colloque « L’Ère du trauma et de la mémoire : le rôle de la littérature dans la reconfiguration des sens et des récits dans les contextes (post)conflictuels » répond au besoin de repenser la manière dont la littérature façonne la mémoire et les (méta)récits collectifs dans les contextes (post)conflictuels en espérant ainsi saisir sa fonction anthropologique dans les sociétés contemporaines, largement dominées par les nouveaux médias. Il vise à mettre l’accent aussi bien sur les formes narratives évoquant l'expérience de violence organisée que sur la manière dont les lecteurs s’engagent dans les récits de traumatismes afin d'explorer non seulement le côté expressif de l’écriture mais également sa dimension performative.
En s’appuyant sur des études de cas issues non seulement du contexte européen (avec un focus particulier sur la guerre en Ukraine), mais aussi celui du Proche-Orient, de l’Afrique, de l’Amérique latine et de l’Asie du Sud, le colloque entend encourager le dialogue entre différents régimes de mémoire et différentes pratiques culturelles.