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Programme scientifique (1/2)

Le laboratoire de recherche ICD est né de la fusion de trois équipes de l’UFR Lettres et Langues (CIREMIA, GRAAT et Histoire des Représentations) et RTmus, appartenant à l’UFR Arts et Sciences Humaines.
Les trois équipes de l’UFR Lettres et Langues comptaient déjà avec un passé commun riche en collaborations interdisciplinaires (publications communes, colloques et programmes de recherche relevant de l'histoire culturelle, de l'histoire des mentalités, des études littéraires ou comparatistes, ainsi qu’un programme de DEA conjoint).

Le présent projet devrait permettre, tant aux « civilisationnistes » qu’aux littéraires, et aux spécialistes des arts visuels et du spectacle ainsi qu’aux musicologues, d'opérer des analyses comparatistes à l'échelle de l'Europe et de ses différentes composantes linguistiques et culturelles tout d'abord, mais aussi à l'échelle des marges de l'Europe et des mondes nouveaux (qu'ils soient africains, américains ou asiatiques) que l'Europe a tenté de modeler avant qu'ils ne s'imposent dans leur singularité et n'influent en retour sur des centres européens qui ont longtemps voulu en conserver un contrôle hégémonique.



PARADIGMES DE L'AUTORITÉ
Retours (linguistiques, narratifs, psychologiques, historiques, politiques et esthétiques) sur la constitution du sujet et de l’identité



Le CIREMIA (Centre interuniversitaire de recherche sur l’éducation et la culture dans le monde ibérique et ibéro-américain, créé en 1983) a toujours choisi de travailler sur une seule problématique transversale, permettant de regrouper la production de tous les membres du département d’études hispaniques et portugaises : transmission des savoirs, texte et image, stéréotypes culturels et constructions identitaires, théories et pratiques de la censure. Depuis 2005, le Séminaire « Lectures du genre » a élargi la perspective, grâce à l’appui de la MSH de Tours et en collaboration avec l’IRIEC (Toulouse-Montpellier), la MSHS de l’Université de Toulouse et l’équipe AMERIBER de l’Université de Bordeaux 3.

Depuis sa création en 1984, le Groupe de recherches anglo-américaines de Tours (GRAAT) étudie la culture de l’aire anglophone. Les trois axes de travail de l’équipe – Identité et transnationalité, Cultures/Contre-cultures, Composition/Production/Performance – structurent trois interrogations des problématiques de l’autorité dans le monde anglophone à l’époque moderne et contemporaine : l’autorité de l’Etat, l’interaction entre celui-ci et les divers remises en question qui se constituent (au niveau supra- ou infra-national, ainsi qu’à travers diverses cultures minoritaires), ou encore les conceptions de l’autorité qui sous-tendent la production littéraire des pays anglophones.

La question des figures de l’auteur, de l’imaginaire et du statut de l’écrivain a été au centre des recherches de l’équipe Histoire des représentations, qu’il s’agisse des recherches sur les Lumières européennes, sur les rituels commémoratifs ou des travaux des comparatistes. Le problème des modèles, de leur reproduction ou de leur critique, la question des réécritures et des traductions présuppose une analyse des dynamiques et des mécanismes d’autorité.

De même, la notion d’autorité structure en profondeur la réflexion dans le domaine des arts du spectacle. Cela vaut évidemment pour le théâtre, dont le pôle scénique a longtemps été dénié au nom de la supériorité du texte, et qui n’a de cesse de lutter contre les modèles de représentation dominants. Le débat historique entre auteur et metteur en scène en dit long sur la prééminence d’emblée accordée à l’auteur par les théoriciens, avant que l’autorité auctoriale ne soit battue en brèche par les nouveaux « écrivains de plateau ». Mais cela vaut tout autant pour des genres spectaculaires en apparence non verbaux, tels que la danse, dont les schémas continuent pourtant à obéir à un texte sous-jacent, de plus en plus ouvertement revendiqué.

Les musicologues de l’équipe Recherches Transversales en Musicologie (issue en 2010 de l’équipe Lieux et enjeux des modernités musicales) ont redéfini leur programme autour des notions de circulation et d’influence, d’une part, et des liens unissant les différents gestes musicaux (compositionnel, instrumental, improvisé) d’autre part. Si le concept d’influence renvoie directement à des mécanismes d’autorité – exercée ou subie –, la question de l’auteur, de l’œuvre voire de la « mise en œuvre » n’en est pas moins directement posée par les notions de composition, d’interprétation et d’improvisation.

De même, parler de « transmission des savoirs », d'« image figée de l’autre » et de « censure », dans l’aire culturelle hispanique, équivaut à se référer, implicitement, à l'« autorité ». D’où l’intérêt, pour le présent contrat quadriennal de nos quatre équipes, réunies sous le dénominateur commun d’« Interactions culturelles et discursives », de nous focaliser de manière plus ouverte, sur les phénomènes liés à ce mode particulier de l’interaction par lequel l’on exerce son « pouvoir d’agir sur autrui » (définition première de l’autorité, selon le TLF), et qu’on reconnaît spontanément à l’autre un pouvoir sur soi.

De l’invitation polie « entrez, asseyez-vous » au « va te coucher » ou au « tais-toi », le langage nous offre une gamme infinie de moyens grâce auxquels nous pouvons infléchir le comportement et les idées des autres. C’est ce que Jakobson nommait la « fonction conative » du langage, dont les messages performatifs constituent sans doute la forme la plus achevée. Au niveau politique et social, comme au niveau de l'intersubjectivité, l’autorité peut cependant déborder sur la domination et l’abus de pouvoir : nous entrons alors dans le régime de l'autoritarisme. Dans ces différents domaines, où s'articulent de manière spécifique les rapports entre les adultes et les enfants, les maîtres et les élèves, les hommes et les femmes, les élites culturelles et les « masses populaires », les frontières entre l'autorité et l'autoritarisme sont fluctuantes et sujettes à contestation selon les contextes et les époques. Leur étude permet souvent de dresser le bilan de l’état d’une société à un moment donné de son histoire.


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